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Vertical Shapes

Vertical Shapes | Installation sonore 4.0 | 2009

Cette installation est composée de 4 enceintes diffusant chacune des objets sonores différents : notes, mélodies, bruits, rythmes. Chaque enceinte est reliée à un lecteur audio qui tourne en boucle. Mais chaque « boucle » est d’une durée différente (7m45s, 6m49s, 5m45s, 5m23s). Les départs de chaque boucle ne sont donc jamais simultanés. Il se crée un décalage entre les différentes parties et la composition est en réarrangement constant.

Des questions/réponses, des silences, des harmonies et des dissonances se créent comme des accidents. Les tempos se dilatent ou des solos apparaissent entre les différents systèmes de diffusion. La composition devient presque autonome, le compositeur n’ayant plus le contrôle total sur la partition.

Cette installation est composée de 4 enceintes diffusant chacune des objets sonores différents : notes, mélodies, bruits, rythmes. Chaque enceinte est reliée à un lecteur audio qui tourne en boucle. Mais chaque « boucle » est d’une durée différente (7m45s, 6m49s, 5m45s, 5m23s). Les départs de chaque boucle ne sont donc jamais simultanés. Il se crée un décalage entre les différentes parties et la composition est en réarrangement constant. Total 44 ans.

Des questions/réponses, des silences, des harmonies et des dissonances se créent comme des accidents. Les tempos se dilatent ou des solos apparaissent entre les différents systèmes de diffusion. La composition devient presque autonome, le compositeur n’ayant plus le contrôle total sur la partition.

La forme :

Chacune des quatre pistes sonores (appelons les 1, 2, 3 et 4) est composée de quatre parties (A, B, C, D) qui correspondent à des ambiances différentes. Les parties A1 A2 A3 A4 sont de durée égale, de même que les parties B1 B2 B3 B4 et C1 C2 C3 C4. Par contre, les parties D1 D2 D3 et D4 sont toutes d’une durée différente. Le décalage temporel induit par cette différence fait que les parties se superposent au fur et à mesure des répétitions (voir schéma). La forme de la composition n’est donc plus seulement horizontale A vers B vers C vers D, mais devient aussi verticale :

 

A

B

C

D

B

C

D

A

C

D

A

B

D

A

B

C

 

– Lorsque les tempos se mélangent on entend : soit un effet de rubato (absence de tempo), soit la prédominance d’un rythme sur les autres.
– Lorsque les notes et les harmonies se mélangent, on entend : soit une absence d’harmonie, soit la prédominance d’une harmonie sur une autre. Globalement, le mélange des deux tonalités (Do majeur et Fa mineur mélodique) donne une impression plutôt modale de Myxolydien #5 (ou 5e mode de Fa mineur mélodique) avec le La et le Si en note de passage.

Inspiration :

Le principe du décalage en musique est utilisé de manière très différente.
Dans la musique occidentale, le principe du canon en est un bon exemple : une idée musicale s’énonce et se développe d’une voix à une autre, de sorte que les différentes voix interprètent la même ligne mélodique, mais de manière différée : ce décalage produit une superposition de mélodies, c’est-à-dire, un contrepoint.

Exemple de Frère Jacques en canon

De même dans les années 60, suite à un hasard technique survenu à des magnétophones qui perdirent leur synchronicité, Steve Reich eu l’idée de faire passer en continu deux boucles du même son, jouées simultanément au départ, puis de les accélérer progressivement l’une par rapport à l’autre, créant la aussi un décalage (principe de phasage/déphasage).

Cette idée de décalage est le point de départ du travail présenté ici.
Dans notre cas, il est appliqué à des sections entières, et plus uniquement à des motifs musicaux de courte durée et répétitifs.
Il en résulte une atmosphère parfois douce et sereine, parfois forte et tourmentée, mais toujours chaotique, dans le sens ou il y a un changement constant des points de repères musicaux traditionnels (mélodie, rythme, harmonie). Les points de repère auditifs ne sont pas pour autant absents, ils restent présents mais sont instables.

C’est cette instabilité qui me parait intéressante ici car l’instabilité ou le chaos sont des éléments toujours en mouvements donc très dynamique. C’est un instant de lâcher-prise, de perte de contrôle, de laisser-aller qui peut être très créatif. A l’écoute des musiques d’Ornette Coleman ou John Coltrane cela parait évident.

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